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Armée Zapatiste de Libération Nationale (et intergalactique)





166 Candidat rebelle
Un livre de José Bové

CANDIDAT REBELLE, un livre de José Bové, chez Hachette Livres

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Prologue

Pourquoi je suis candidat

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Je veux être utile pour battre la droite et l’extrême droite.
Je veux être utile pour refonder l’espoir d’une alternative à gauche.
Tel est le sens de ma candidature à l’élection présidentielle.
Je veux être un candidat collectif, porte-voix des sans-voix, de ces millions de citoyens qui souffrent de la précarisation et de l’insécurité sociale, qui ne croient plus ni à la gauche traditionnelle ni à la droite, mais qui se sont insurgés électoralement en votant massivement «non» au projet de traité constitutionnel européen, le 29 mai 2005.

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Je veux leur dire que l’abstention ou le vote Le Pen conduisent tout droit à l’élection de Nicolas Sarkozy, un homme dangereux pour notre pays.
Sous couvert de promesses multiples, son projet est d’ouvrir la voie à une logique économique qui favorise les plus forts et pénalise les plus faibles.
Il est le candidat du Medef, du contrat précaire généralisé, du démantèlement progressif du code du travail, de la suppression de fait de l’impôt sur les fortunes, de l’insulte contre les jeunes des quartiers, du mépris contre les agents des services publics.

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Je veux être un candidat optimiste, porteur d’un projet mobilisateur pour les millions d’électeurs qui souhaitent que la vie change vraiment.
Je veux leur dire que c’est possible à condition de s’en donner les moyens.

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À la stagnation du pouvoir d’achat pour quasiment tous les Français répond l’enrichissement indécent d’une classe dirigeante qui spécule sur l’immobilier et alimente des fonds d’investissement gigantesques.
Ces richesses sont aujourd’hui utilisées à des batailles boursières qui déstabilisent les entreprises, leurs salariés et leurs cadres.
Elles créent de la valeur spéculative mais détruisent de la valeur économique et humaine.
Réaffectons-les donc à des projets essentiels pour l’avenir – recherche, formation, emploi, logement, services publics, etc. – et reconstruisons une société plus solidaire! Je veux être aussi un candidat simple.

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Je suis frappé de voir que tous les principaux postulants à la présidence de la République, de la gauche à l’extrême droite, sont redevables de l’impôt sur la fortune.
Cela en dit long sur la représentation politique dans notre pays, monopolisée par une classe coupée des réalités quotidiennes.
Pour ma part, voici l’état de mon patrimoine: 50 % en copropriété avec ma compagne d’un petit bateau de plaisance, d’une valeur de 30 000 €, et d’une maison sur le plateau du Larzac, d’une valeur de 120 000 €, financée par un emprunt de 90 000 €. Soit, une fois déduit l’emprunt, 30 000 € de patrimoine net.
Mon salaire d’associé dans un GAEC [Groupement agricole d’exploitation en commun] du Causse est de 1 220 € net par mois.

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Mon ambition est de faire partager aux Français ma conviction que le changement véritable de leur vie quotidienne est une affaire de volonté et de confiance.
D’abord il faut dire et redire que cela implique de s’attaquer vraiment aux forteresses économiques libérales.
C’est semer des illusions aujourd’hui, pour récolter des désillusions demain, que de faire croire le contraire.
Je veux dire ainsi clairement que mon programme n’est pas celui de Ségolène Royal et du Parti socialiste.
Il est le fruit d’une expérience et d’une réflexion menées par des militants et des acteurs du changement social.
Il n’est pas le résultat d’une approche technocratique qui vise à concilier les dures lois de l’économie libérale avec un peu d’ordre juste.
Ce n’est pas la même chose de vouloir en finir avec les stock-options et les licenciements boursiers que de vouloir simplement les encadrer.
Ce n’est pas la même chose de prôner une nouvelle République démocratique et citoyenne que d’aménager les institutions de la Ve République.
Ce n’est pas la même chose de réclamer un moratoire, puis un référendum, sur les nouvelles centrales nucléaires et les cultures d’OGM en plein champ que de promettre un nième débat d’experts sur ces sujets.

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Je veux faire en sorte, également, que les citoyens soient démocratiquement appelés à conduire et à contrôler la transformation sociale.
Mon programme n’est qu’un moment du débat pour catalyser l’aspiration à un changement profond de la société.
Il est un outil à la disposition des électeurs pour se mobiliser et imposer de nouvelles formes d’exercice du pouvoir.
Il ne se prétend pas un catalogue de promesses dont on sait, depuis vingt-cinq ans, que la gauche traditionnelle est parfois oublieuse...
De ce point de vue, il ne faut pas confondre des débats participatifs sans enjeu réel et précis sur le contenu du projet présidentiel de Ségolène Royal et la mise en place d’une démocratie citoyenne réelle pour contrôler les élus, participer à la décision publique et redonner le pouvoir au peuple.

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Il est urgent de changer le monde car le monde dans lequel nous vivons marche sur la tête.
Les intelligences, les savoir-faire, les énergies sont engloutis dans un système économique qui, en même temps qu’il crée des richesses nouvelles, produit des inégalités insupportables et détruit méthodiquement la planète.
Ce système a un nom: la mondialisation économique libérale.
Ses promoteurs s’emploient patiemment à lever les obstacles à son déploiement généralisé sur les cinq continents, et plus particulièrement là où les perspectives de profit sont fortes.
Voilà pourquoi ils militent pour les démantèlements des protections sociales dans les pays riches – parce que cela leur coûte – ou pourquoi ils font supprimer les barrières de protection des économies locales des pays pauvres – parce que cela leur profite.
Face à cette nouvelle donne, les espérances traditionnelles de la gauche se heurtent à la violence des marchés.
La social-démocratie reposait sur le postulat d’un contrat possible entre le monde du capital et le monde du travail.
L’impératif économique devait s’accommoder d’une exigence sociale.
Le point d’équilibre résultait d’un rapport de force politique.
L’expansion infinie de la logique marchande, les révolutions technologiques du travail, l’épuisement de la démocratie formelle ont rendu cette vision caduque.
La social-démocratie ne marche plus.
Elle se résume à un minimum: le socialisme compassionnel qu’incarne Ségolène Royal.

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Je veux incarner une autre vision, une gauche nouvelle: la gauche alternative, écologiste et solidaire.
Elle est sans illusions et sans concessions sur la logique économique libérale.
On la dénomme « antilibérale » mais je préfère le terme « alternative ».
Car ce qui intéresse les citoyens n’est pas seulement la perspective du combat mais la finalité du projet.
Nous souhaitons tous rompre avec le tout profit, avec le tout rentabilité, avec le tout stress.
Nous voulons mieux vivre, certes, mais surtout vivre bien.
Et nous aspirons à ce que nos générations futures disposent d’un environnement préservé.

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Pour changer la vie en France, il faut nous battre en même temps pour changer le cours des choses en Europe et dans le monde.
L’élection présidentielle qui vient n’est pas sans lien direct avec le référendum sur le projet de traité constitutionnel européen.
Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, François Bayrou et même Dominique Voynet ont tous dit « oui » à une Europe économique plus libérale.

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L’élection n’est pas sans conséquences non plus sur les décisions prochaines des institutions internationales qui, désormais, gouvernent le monde.
Le droit de veto français peut, ou non, être exercé pour empêcher la libéralisation complète des échanges au détriment des pays pauvres ou bloquer les accords internationaux sur le commerce et les services qui préfigurent de nouvelles privatisations de services publics.

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J’entends déjà dire qu’à l’utopie généreuse il faudrait préférer le pragmatisme réaliste.
Que la gauche alternative n’est pas crédible quand la gauche traditionnelle le serait.
Que le social-libéralisme, compatible avec le centrisme démocrate-chrétien, est la seule voie sérieuse.
Je ne suis pas d’accord.
Le souhaitable est possible, ici et maintenant, à condition de mettre fin au dogme économique libéral.
Je ne crois pas que l’on mobilise les électeurs en oubliant ses valeurs.
Je crois tout simplement, comme le disait Pierre Bourdieu, que les citoyens veulent une gauche de gauche.

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José Bové

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Table

Prologue
Le souhaitable est possible
L’insurrection électorale
Une candidature collective
Changer la donne à gauche
À la recherche du peuple perdu
Nos enfants vivront-ils mieux que nous?
Le poids numérique de l’électorat populaire
Un patron «vaut-il» 300 fois un smicard?
Les inégalités se creusent
Pour un plan d’urgence sociale
Postures électorales et impostures sémantiques
Communautaire et ultra-libéral
Un risque de confusion idéologique
L’ordre capitaliste est toujours injuste
Nous n’avons rien oublié
La gauche plurielle à la traîne de l’altermondialisme
La perte de repères idéologiques communs
La rupture plutôt que la régulation
La démocratie citoyenne ne s’improvise pas
Quels réels pouvoirs pour les jurys citoyens ?
La crise de représentation du politique
Un logement et des papiers pour tous!
Le contournement de la loi SRU
Avec les squatters de Cachan
L’esclave des temps modernes
Contre les OGM et le nucléaire
Sortir du nucléaire
Pour un moratoire sur les OGM
Transparence et désobéissance civique
Un autre monde est possible
Le démantèlement programmé de services publics...
Pour une Assemblée constituante européenne
Annexe

happy   dans   Philanthropes    Vendredi 9 Mars 2007, 15:05







d ’ é c h o   e n   é c h o s


Cly
Cly
09-03-07
à 16:45

1  

Je ne fais de toute façon plus confiance à la politique. Alors bové ou un autre, ils disent tous ce que l'on veut entendre, et puis après de nous ils s'en foutent.



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