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hétéroclite, écoute le temps, la tête dans les étoiles, les pieds par dessus

 

 




176 Oshidori
Lafcadio Hearn

Source : The Internet Sacred Text Archive
Traduction : Happy


Lafcadio Hearn (Koizumi Yakumo 小泉八雲)
(1850-1904)

Kwaidan 怪談 :
Histoires et études de choses étranges

Oshidori — おしどり

 

IL y avait un fauconnier et chasseur, nommé Sonjô, qui vivait dans le district appelé Tamura-no-Gô, de la province de Mutsu. Il alla un jour à la chasse, et ne put trouver de gibier. Mais sur le chemin du retour, en un lieu appelé Akanuma, il aperçut un couple d’oshidori (1) (canards-mandarins), nageant ensemble dans une rivière qu’il s’apprêtait à traverser. Tuer un oshidori, ce n’est pas bon ; mais il se trouvait que Sonjô avait très faim, et il tira le couple. Sa flèche transperça le mâle : la femelle s’enfuit dans les roseaux de l’autre rive, et disparut. Sonjô rapporta l’oiseau mort à son domicile, et il le mit à cuire.

Cette nuit-là il fit un rêve sinistre. Il lui sembla qu’une belle femme entrait dans sa chambre, se mettait près de son oreiller, et commençait à pleurer. Elle pleurait si amèrement que Sonjô en l’écoutant eut l’impression qu’on lui arrachait le cœur. Et la femme lui cria : « Pourquoi, — oh ! pourquoi l’avez-vous tué ? — De quelle tort était-il coupable ? . . . À Akanuma nous étions si heureux ensemble, — et vous l’avez tué ! . . . Quel mal vous a-t-il jamais fait ? Savez-vous seulement ce que vous avez fait ? — oh ! savez vous quelle chose cruelle, quelle chose atroce vous avez faite ? . . . Moi aussi vous m’avez tuée, — car je ne veux plus vivre sans mon mari ! . . . Ce n’est que pour vous dire cela que je suis venue. » . . . Et elle se remit à pleurer à haute voix, — si amèrement que le son de ses pleurs transperçait la moelle des os de celui qui l’écoutait ; — et elle sanglota les mots de ce poème : —

Hi kurureba
Sasoeshi mono wo —
Akanuma no
Makomo no kure no
Hitori-ne zo uki !
« Quand venait le crépuscule,
Je l’invitais à rentrer avec moi — !
Dormir seule maintenant
À l’ombre des joncs d’Akanuma —
Ah ! Quel indicible malheur ! »
(2)

Et après avoir prononcé ces vers elle s’exclama : — « Ah, vous ne savez pas — vous ne pouvez pas savoir ce que vous avez fait ! Mais demain, lorsque vous irez à Akanuma, vous verrez, — vous verrez. . . » Parlant ainsi, et pleurant très pitoyablement, elle s’en alla.

Lorsque Sonjô se réveilla le matin, ce rêve restait si vif en son esprit qu’il en fut fortement troublé. Il se rappella les mots : — « Mais demain, lorsque vous irez à Akanuma, vous verrez, — vous verrez. . . . » Et il décida de s’y rendre tout de suite, pour tenter de savoir si son rêve était quelque chose de plus qu’un rêve.

Il alla donc à Akanuma ; et là, quand il arriva sur la rive, il vit la femelle oshidori qui nageait seule. Au même moment, l’oiseau aperçut Sonjô ; mais au lieu d’essayer de s’échapper, elle nagea droit vers lui, en le regardant tout le temps d’une étrange manière fixe. Puis, soudain, elle ouvrit son propre corps en le déchirant de son bec, et elle mourut devant les yeux du chasseur. . . .

Sonjô se rasa la tête, et se fit prêtre.


(1) Depuis les temps anciens, en Extrême-Orient, ces oiseaux sont considérés comme les emblèmes de l’amour conjugal.
(2) Il y a un double sens pathétique dans le troisième vers ; car les syllabes qui composent le nom propre Akanuma (« Marais Rouge ») peuvent aussi être lues akanu-ma, qui signifie « le temps de notre inséparable (ou exquise) relation ». Si bien que le poème peut aussi s’interpréter comme ceci : — « Quand la nuit commença de tomber, je l’avais invité à m’accompagner. . . . ! Maintenant, après le temps de cette heureuse relation, quel malheur pour celle qui doit sommeiller seule à l’ombre des joncs ! » — Le makomo est une sorte de grand jonc, dont on se sert pour faire des paniers.

happy   dans   Nippon    Dimanche 16 Août 2009, 15:23

 



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