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94 Jorge Luis Borges — Instantes
Argentine (1899-1986)

Instantes

Si pudiera vivir nuevamente mi vida,
en la próxima trataría de cometer más errores.
No intentaría ser tan perfecto, me relajaría más.
Sería más tonto de lo que he sido,
de hecho tomaría muy pocas cosas con seriedad.
Sería menos higiénico.
Correría más riesgos,
haría más viajes,
contemplaría más atardeceres,
subiría más montañas, nadaría más ríos.
Iría a más lugares adonde nunca he ido,
comería más helados y menos habas,
tendría más problemas reales y menos imaginarios.

Yo fui una de esas personas que viví sensata
y prolíficamente cada minuto de su vida ;
claro que tuve momentos de alegría.
Pero si pudiera volver atrás trataría
de tener solamente buenos momentos.

Por si no lo saben, de eso está hecha la vida,
sólo de momentos ; no te pierdas el ahora.

Yo era uno de esos que nunca
iban a ninguna parte sin un termómetro,
una bolsa de agua caliente,
un paraguas y un paracaídas ;
si pudiera volver a vivir, viajaría más liviano.

Si pudiera volver a vivir
comenzaría a andar descalzo a principios
de la primavera
y seguiría descalzo hasta concluir el otoño.
Daría más vueltas en calesita,
contemplaría más amaneceres,
y jugaría con más niños,
si tuviera otra vez la vida por delante.

Pero ya ven, tengo 85 años...
y sé que me estoy muriendo.

Instants

Si je pouvais de nouveau vivre ma vie,
dans la prochaine je tâcherais de commettre plus d’erreurs.
Je ne chercherais pas à être aussi parfait, je me relaxerais plus.
Je serais plus bête que je ne l’ai été,
en fait je prendrais très peu de choses au sérieux.
Je mènerais une vie moins hygiénique.
Je courrais plus de risques,
je voyagerais plus,
je contemplerais plus de crépuscules,
j’escaladerais plus de montagnes, je nagerais dans plus de rivières.
J’irais dans plus de lieux où je ne suis jamais allé,
je mangerais plus de crèmes glacées et moins de fèves,
j’aurais plus de problèmes réels et moins d’imaginaires.

J’ai été, moi, l’une de ces personnes qui vivent sagement
et pleinement chaque minute de leur vie ;
bien sûr, j’ai eu des moments de joie.
Mais si je pouvais revenir en arrière, j’essaierais
de n’avoir que de bons moments.

Au cas où vous ne le sauriez pas, c’est de cela qu’est faite la vie,
seulement de moments ; ne laisse pas le présent t’échapper.

J’étais, moi, de ceux qui jamais
ne se déplacent sans un thermomètre,
un bol d’eau chaude,
un parapluie et un parachute ;
si je pouvais revivre ma vie, je voyagerais plus léger.

Si je pouvais revivre ma vie
je commencerais d’aller pieds nus au début
du printemps
et pieds nus je continuerais jusqu’au bout de l’automne.
Je ferais plus de tours de manège,
je contemplerais plus d’aurores,
et je jouerais avec plus d’enfants,
si j’avais encore une fois la vie devant moi.

Mais voyez-vous, j’ai 85 ans...
et je sais que je me meurs.

[ L’attribution de ce poème à Jorge Luis Borges est contestée. Voir notamment l’article Ivan Almeida. "Jorge Luis Borges, autor del poema 'Instantes'" Borges Studies Online. On line. J. L. Borges Center for Studies & Documentation. Internet: 17/06/01. Merci à toi, Maria. ]

[ J'ai également corrigé : “Yo fui una de esas personas que viv sensata” par “Yo fui una de esas personas que viví sensata”. ]

Juillet 2009.


happy   dans   Merveilles    Dimanche 26 Décembre 2004, 13:06

 


 


d ’ é c h o   e n   é c h o s

 

ImpasseSud
ImpasseSud
26-12-04
à 15:35

1  Carpe diem...

... en quelque sorte, ou, comme on dit en italien "con il seno di poi".
Même si pas aussi bien décrites ou écrites, nous avons tous des pensées de ce genre, d'un instant en effet et qui font rêver car on oublie toujours qu'on aborderait sa prochaine vie tout aussi ignare que le jour où on a abordé celle-ci.
Les deux dernières lignes rendent ce poème infiniment triste. Un bilan terrible...

Happy
Happy
26-12-04
à 17:41

2  Carpe diem, carpe vitam propriam

Bien vu, ImpasseSud, je n'avais pas fait le rapprochement avec le « Carpe diem ».
Ici c'est un « Carpe vitam », la vie embrassée d'un seul coup d'oeil, lorsque, se sachant proche du terme du chemin parcouru, on se retourne pour en prendre la mesure. Je pense aussi, du coup, à Antonio Machado :

« En marchant on fait le chemin,
et quand on regarde en arrière
on voit le sentier que jamais
on ne foulera de nouveau. »

« Si j'avais su... », dit-on souvent, si je n'avais pas été aussi « ignare » à mon entrée dans la vie, je ne ferais sans doute pas un tel « bilan terrible » de ma vie, je ne jetterais pas sur elle ce regard « infiniment triste ».
    Il faut bien pourtant avoir vécu pour pouvoir dresser quelque bilan, et tirer des leçons ; c'est dire que nous n'avons pas le choix : la vie est à découvrir autant qu'à vivre, et l'on ne pourra dire qu'à la fin si l'on s'est trompé ou non.

On dit aussi : « Si jeunesse savait! si vieillesse pouvait ! ». C'est un terrible constat, que l'expérience de ceux qui nous ont précédés ne nous a servi de rien pour l'essentiel ; aime-t-on d'ailleurs écouter les « anciens » ?
    Pourtant, on a beaucoup écouté, ou obéi : ce que le poète regrette, c'est de ne pas avoir assez été lui-même, de ne pas avoir assez vécu sa propre vie, d'avoir trop souvent préféré, ou dû préférer, les préceptes, les commandements, la vision d'autrui à la voix - et la voie - de son coeur.

Mais ce texte me semble vouloir dire plus que sa tristesse, sa mélancolie première : le poète fait son bilan avant d'entreprendre son dernier voyage, et il en retient la leçon : il ne s'encombrera pas d'objets inutiles, autrement dit, dans le cas présent, il « s'allège » de ses regrets, il ôte ses chaussures pour partir « les pieds nus » ...

« Si je pouvais de nouveau vivre ma vie » : mais ce n'est pas possible. Alors il faut partir en s'étant tout pardonné, parce qu'on ne peut pas se reprocher l'ignorance initiale, quand l'entrée dans la vie était un départ vers l'inconnu. Et en toute fin de compte, le succès ou l'échec, « le gain ou la perte », comme disent les philosophes chinois, sont aussi illusoires l'un que l'autre, car ils ne découlent pas d'un choix en connaissance de cause, et de plus ils sont aussi inutiles l'un que l'autre à l'heure du passage.
    Ce poème de fin de vie, c'est donc aussi son testament : il nous lègue son carpe vitam : Vivons notre propre vie, vivons-la, et quittons-la sans bagages ni regrets !


maria
12-03-08
à 10:22

3  Re: Carpe diem, carpe vitam propriam

c'est jolie, mais c'est pas un poem de Borges (je suis argentine!!) c'estait atribué à lui, mais le author c'est une femme americain. Malheuresement j'ai le article en espagnol, peut eutre ca peut aider comme meme!
de tout facon, c'est genial!
http://www.rompecadenas.com.ar/almeida.htm



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