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Armée Zapatiste de Libération Nationale (et intergalactique)





79 Anthropologie du Sacré — 1. Introduction
Régis Boyer

Régis Boyer:

Anthropologie du Sacré

(Mentha, 1992, ouvrage épuisé)

(Le texte a été découpé en cinq parties).

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1. Introduction

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(1) ganz andere: “tout autre”.

1. Quelques réflexions ou constatations préliminaires paraissent indispensables avant d’aborder de front le redoutable sujet qui nous préoccupe ici. Ainsi qu’un postulat: quelle que soit l’acception sous laquelle on veut envisager le mot, le Sacré est, pour l’être humain, une incontestable réalité et quiconque s’applique à refuser ou nier le visage qui, à l’intérieur d’une culture donnée ou d’une culture à une autre, lui est conféré, s’empresse aussitôt d’ériger en absolu une autre notion dont l’essence retrouve cela même qui était combattu. Ce n’est pas le lieu de retracer les grandes lignes d’une phénoménologie du Sacré: partout, toujours, que l’on sache, et sous quelque dénomination que ce soit — divin, surnaturel, transcendant, mystère, ganz andere (1), séparé, saint, tabou, ineffable, etc.— IL FAUT qu’il existe. Malgré tout. Du matérialisme le plus plat, de l’agnosticisme farouche aux illuminations mystiques ou extatiques les plus éthérées, nous n’avons jamais cessé d’ériger en absolu une ou des valeurs pour lesquelles nous sommes prêts, consciemment ou non, à réintroduire tout l’appareil dogmatique, mythique, rituel et éthique sans lequel l’idée de religion, actualisation du sacré, ne s’entend pas. L’époque actuelle, si ardente à désacraliser les attitudes traditionnelles sous couleur de prétendu modernisme, retrouve sous des formes apparemment dégradées — sexe, sport, parti politique, sciences et techniques — une des constantes inaliénables de l’humanité.

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2. Il ne sert à rien de protester là-contre: l’homme ne cesse, depuis que nous sommes capables de l’appréhender, d’ériger en Sacré, en lui-même ou, normalement, au-delà de lui-même, une ou des représentations grâce auxquelles il veut vivre et accepte de mourir en paix, voire en joie; ou encore, mais c’est dire la même chose, il admet la temporalité, la justifie; ou encore, il comprend pour quelles raisons sa volonté légitime de savoir et de rendre intelligible sa condition et son environnement ressortit à un domaine qui le dépasse et qu’il ne lui reste plus qu’à adorer après qu’il a constaté l’échec des moyens dont il s’était doté pour l’approcher. Laissons de côté la prodigieuse débauche de vocabulaire qu’aura suscitée, depuis des millénaires et dans toutes les langues, la notion de sacré. D’une façon plus générale, écartons ici les subtilités, les absconses et vaines disputes sur le contenu ontologique — ontologique, exactement — de toutes ces dénominations ou figurations. Il reste, selon la formule bien connue, d’ailleurs maladroite et inadéquate parce que trop étroitement anthropomorphique et mécanique, que l’homme est une machine à fabriquer des dieux et que la condition humaine revient à une entreprise, souvent désespérée ou romantique aux temps modernes, de dépassement de soi en direction d’un pôle qui est de nous tout en se situant en dehors, au-dessus de nous. Je ne vois pas qu’il puisse se rencontrer un homme qui n’ait jamais fait, en toute lucidité et bonne foi, l’expérience du divin, du sacré, sous quelque forme que ce soit: nos religions ne sont, en somme, que l’appareil qui organise les relations de l’homme et du sacré et c’est à l’analyse de ces relations que s’intéressent les pages qui suivent.

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3. Car on sait que le mot religion — qui n’existe pas en tant que tel dans toutes nos langues: il en est pour lesquelles un terme qui signifierait: pratiques, coutumes, s’applique à cette idée — admet deux étymologies différentes qui, d’ailleurs, ne sont pas en contradiction l’une avec l’autre, elles esquisseraient plutôt une sorte de progression. Le premier sens, sur le latin re-ligare, implique une relation entre deux mondes, un moyen de les «lier», l’un étant notre univers «naturel», l’autre, celui du sacré. Tout comme, dans certaines mythologies, l’arc-en-ciel est conçu comme un «pont» entre monde des hommes et domaine des dieux, tout comme, dans d’autres religions, le prêtre (ou le roi-prêtre, ou le grand-prêtre-sacrificateur) sera le pontifex, celui qui jette un pont entre deux règnes, cette connotation établit clairement un rapport, une circulation possible, un cheminement d’un point à un autre qui postule bien l’existence propre de chacun de ces deux points. Car il faut qu’un accès soit possible de l’un à l’autre. Il n’y a pas de sacré inaccessible, partiellement au moins, bien entendu. Sinon, ce serait le désespoir absolu, le suicide collectif, attitude impensable dans une humanité dont l’énergie, le dynamisme, le vouloir-vivre sont, à des degrés divers selon les lieux et les époques, les caractéristiques majeures et imprescriptibles. Retenons ce «vouloir-vivre» (même si, en fait, il revient à un vouloir-mourir) qui vient d’être énoncé. C’est lui qui légitime l’acception de re-ligio que nous venons de retenir.

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4. L’autre acception, sur le re-legere derrière lequel s’entend le logos grec, pour être d’un ordre différent, aboutit en profondeur à des conclusions identiques. La religion y est un réassemblage, une reconstruction de données de l’expérience en fonction d’une finalité supérieure propre à satisfaire notre besoin d’entendement, notre vouloir-comprendre. Un ensemble de mythes, de symboles et de rites chargés de sens y a pour fonction d’apprivoiser l’inconnu, de vaincre les terreurs, d’exorciser le mal. Non que le spectre de ces incompréhensibles marques soit aboli: il est dominé, dépassé et cela, en première approximation, suffit. Depuis les énigmatiques peintures ou gravures rupestres de nos préhistoires, colosses affrontés à la Grande Mer, pyramides célébrant le roi-soleil (sans doute), constructions gigantesques accordées au rythme des étoiles, en passant par les savantes élaborations de nos alchimistes, jusqu’à nos modernes systèmes «explicatifs» de tout — je songe, bien entendu, aux analyses d’un Marx ou à celles d’un Freud qui, les unes comme les autres, se sont organisées en constructions à prétentions universelles prenant souvent toutes les apparences de religions dont le sacré s’appellerait argent pour l’une et sexe pour l’autre — et, ce doit être le dernier visage de cet éternel processus, à tous nos structuralismes avec leurs séquelles, on ne peut qu’être saisi de l’acharnement avec lequel les hommes essaient de recomposer une réalité, de prime abord hostile, à laquelle ils veulent, à laquelle ils ne peuvent pas ne pas donner un sens supérieur.

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(2) Weltanschauung: conception métaphysique du monde et attitude globale en face de la vie.

5. Vouloir-vivre, vouloir-comprendre: le verbe vouloir est souvent revenu dans les pages qui précèdent. Je ne sais pas s’il est congru, d’ailleurs. Peut-être vaudrait-il mieux lui substituer le verbe aimer, à supposer qu’il n’y ait pas quelque tautologie derrière les deux vocables puisqu’il faut bien qu’une passion s’inscrive derrière une volition. Aimer-vivre, aimer-comprendre. En d’autres termes, le sacré que, par définition, sert une religion, exige impérieusement, ne s’entend pas sans une foi. Qui en est l’expérience personnelle, voire collective. Personnelle s’entend mieux dans la perspective de nos cultures modernes et occidentales, mais il n’est pas exclu qu’en d’autres temps, sous d’autres ciels, cette expérience n’ait pu se concevoir, se manifester de façon collective. Et même dans notre Weltanschauung (2): dieu tout-en-tous paulinien et dieu-pour-moi kierkegaardien, les deux acceptions de la notion ne sont inintelligibles de personne. Surtout s’il est dans l’ordre des choses qu’une foi finisse toujours par s’inscrire dans une Histoire, laquelle peut aussi bien être individuelle que collective, à la limite, abondamment attestée par nos religions monothéistes à dieu incarné, à la fois individuelle et collective, entendons, l’un faisant partie intégrante de l’autre. Ce n’est qu’une affaire de distance et l’éminente dignité du christianisme aura été de l’abolir au maximum. Mais le double principe absolument fondamental demeure intangible: il n’y a pas de sacré sans l’homme, il n’y a pas de sacré sans foi. Il est absolument nécessaire qu’un, que des hommes existent, avec leur cœur, leur imagination, leur entendement (si tant est que cette dernière distinction ait un sens, s’il faut vraiment que cette division s’impose, tout comme il y a lieu de récuser, dans cette perspective, la vieille dichotomie entre corps et esprit) et qu’ils croient pour que soit le sacré. Tranquilles et redoutables affirmations qui exigent, au moins, quelques élucidations, même rapides et fragmentaires.

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6. Je ne sais si Dieu, si le sacré existent sans l’homme, sans les hommes. Et je n’entends pas me lancer ici dans une querelle classée qui, étant donné la perspective anthropologique où je me situe, n’a pas grand sens. Autre, probablement, serait mon attitude et différent, le cours de ma réflexion si je proposais une analyse d’ordre métaphysique. Mais je suis en anthropologie que je veux avant tout phénoménologique: ainsi se situent clairement, pour le lecteur, les limites du présent essai. Or Dieu a besoin des hommes, pour citer un titre célèbre. Ce sont eux qui le font vivre, qui le rendent vivant. Pour eux. Et que leur faut-il davantage? Quel sens, quelle valeur, quelle puissance de contagion pourrait bien posséder un sacré qui existerait sans eux, indépendamment d’eux, à supposer que l’idée en soit pensable? Et d’ailleurs, à quoi correspondrait-il? Ne nous égarons pas, même à une époque qui prétend être en passe de percer les secrets de la matière et de la vie, dans de stériles discussions qui reviennent à des pétitions de principe: on ne «percera» pas le secret de la matière ou celui de la vie, on reculera seulement de quelques stades l’explication de leur existence et la justification de leur cause première, laquelle restera intacte. Sacrée. Concevable in abstracto, mais inatteignable.

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(3) hiérophanique: qui est une manifestation, une révélation du sacré.

7. Seulement, inatteignable implique un bras qui se tend dans un effort éperdu pour saisir. Pas de bras, pas de but, inaccessible ou non. Et quand bien même l’absolu, le divin, le sacré existeraient sans nous… la supposition est gratuite puisqu’il faut que nous soyons pour qu’ils existent et que, finalement, c’est nous qui en avons l’idée, l’intuition. Allons plus loin: c’est nous qui leur avons, une bonne fois pour toutes, conféré leur statut — et qu’importe-t-il, en définitive? Il n’est de sacré qu’appréhendé tel, au moins partiellement, confusément. Et vécu. Ces signes, ces symboles dont nous éclairons nos traces, dont nous chargeons la polysémie d’autant plus fascinante qu’elle est moins limitée, de traduire plus ou moins maladroitement nos aspirations, nos rêves, c’est nous qui les traçons, c’est nous qui les dotons d’une interprétation plausible. Un alignement de pierres levées ne se conçoit pas plus sans intervention humaine que l’érection d’une pagode ou d’une cathédrale, et un regard d’homme est nécessaire pour douer d’une aura sacrée telle disposition «naturelle» (arbre gigantesque, grotte souterraine, cascade mugissante, éclipse solaire, etc.) qui ne vient assurément pas de nous mais qu’il nous revient de tenir pour hiérophanique (3) parce qu’à part, insolite, réservée, sainte… Que le progrès de nos connaissances ou de notre réflexion désacralise ces phénomènes en leur trouvant une signification et une cause rationnelles ne change rien. Il n’est pas d’exemple qu’une culture, si évoluée soit-elle, ne se soit donné des repères sacrés.

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8. Autant dire, donc, qu’un geste (un réflexe?) de foi doit nécessairement s’ajouter à ces manifestations que je viens de dire hiérophaniques. Qui ne veut pas croire, qui n’aime pas croire telle ou telle de ces manifestations ne s’inscrit pas dans la problématique de ce sacré-là, ce qui, bien entendu, ne signifie pas qu’il ne professe pas quelque foi pour un autre type de révélation. Les colosses de l’île de Pâques peuvent ne pas m’intéresser là où le Beau Dieu d’Amiens rallie ma foi. Le culte chaldéen des constellations peut ne pas m’intéresser (voire, d’ailleurs! les vendeurs d’horoscopes, aujourd’hui, font fortune à bon compte!) alors que celui des solstices, ingénûment perpétué par nos fêtes de Noël et, dans certaines parties d’Europe, de la Saint-Jean, me passionne, à mon insu éventuellement. Le culte de dulie réservé aux héros antiques n’appelle plus mon enthousiasme — au sens exactement étymologique de ce dernier mot: transport vers Dieu — alors que les saints parlent encore à mon cœur. Et ainsi de suite. Sans un acte de foi, ou bien il n’y a pas de sacré, ou bien tel lieu, moment, acte, personnage sacrés pour mon voisin me sont indifférents. On sait que la religion de mon voisin est une mythologie pour moi, le phénomène est bien connu, sauf dans le cas des religions à vocation universelle. Mais mutatis mutandis, ma propre religion est mythologie pour lui. Il n’empêche qu’un même type de sacré sous-tend et sa mythologie et ma religion.

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9. Je disais, par image, que les colosses de l’île de Pâques ne m’ «intéressent» pas dans la perspective où je suis. Intéresser: esse inter, être entre. Entre la plate réalité des choses et cette représentation, cette notion, ce complexe d’images que je tiens pour sacrés, il faut moi, avec mon besoin de dépasser les phénomènes et ma passion d’aller vers cet idéal que j’entrevois, qui aimante mes manques, qui comblerait mes imperfections.

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10. Personne, il me semble, ne l’a mieux dit que Pascal: «Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais trouvé.» La quête du sacré, qui est sans aucun doute le geste le plus fondamental que nous portions en nous est la condition sine qua non de notre vie. Elle est la justification de tous nos dépassements, sans lesquels nous risquons de sombrer dans le mépris de nous-mêmes, elle coïncide remarquablement avec la plus haute idée que nous pouvons nous faire de nous-mêmes (en mettant ici, où nous ne sommes pas dans une logique éthique, de côté les connotations prométhéennes d’orgueil insensé ou de défi) et qui voudrait, en somme, réaliser, de nous, hic et nunc, dans toute la mesure du possible, une sacralisation. «Vous serez comme des dieux»: la parole du Tentateur dont, encore une fois, j’écarte ici les résonances «diaboliques» n’a aucun sens si nous ne croyons pas en l’existence de ces dieux. C’est cela qui donne à la plupart de nos religions — je ne vois guère que quelques attitudes orientales pour ne pas se ranger sous cette loi — cette allure anthropomorphique qui ne peut manquer de désarçonner un instant l’abstracteur de quintessence. Dieu a-t-il fait l’homme à son image ou est-ce l’homme qui invente un Dieu à la sienne? En fait, c’est un faux problème puisque, je l’ai dit, si ce n’est pas nous qui faisons Dieu (j’ai noté que je ne me sentais pas capable de répondre à cette question), c’est évidemment nous qui créons le sacré.

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11. Je viens d’évoquer Prométhée, par référence implicite. Peu de religions, en vérité, nous ont proposé une image aussi riche, aussi complexe, aussi puissamment symbolique que celle-là. Notons les trois étapes, pour nous décisives, de son mythe: il a participé à la création des hommes, il leur a donné le feu, il a voulu monter au ciel. Une fois de plus, je ne retiens pas les critères qui légitiment son atroce châtiment. Il représente à la fois le constat d’évidence du sacré et l’ardente démarche de la foi, ce feu dont il est détenteur et dispensateur. Il «fait le sacré» (il sacrifie, idée dont nous reparlerons). On ne saurait mieux signifier qu’il faut sa personne pour que le sacré soit et sa foi pour que le sacré vive.

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12. On répondra que c’est là un mythe grec, au demeurant passablement confus et impur, et qu’il faut relever de cette civilisation-là pour se plier aux principes de l’analyse proposée ici. C’est, en d’autres termes, poser le problème des rapports entre culture et religion, à la limite, ramener la religion à un phénomène de culture. Ici, je crois, il faut être très net. La religion est certainement un phénomène humain, on vient de le suggérer de diverses façons, et, par conséquent, le sacré aussi, qui est le pôle vers lequel elle tend ou la valeur suprême qu’elle sert, traduit, approche. Il importe uniquement de distinguer entre le sacré en tant que tel, qui est de toutes les religions et se rencontre dans toutes les cultures, et les visages qu’il prend dans chaque culture particulière. Pour ne donner qu’un exemple précis, E. Benveniste a montré qu’il n’existait pas de terme commun à toutes les langues indo-européennes pour «sacré», ce qui signifie bien que la notion a été envisagée diversement ici et là — à l’intérieur, pourtant, d’un système doté d’une relative unité — probablement en fonction des substrats autochtones différents qu’a recouverts l’apport indo-européen. Mais ne disons pas non plus que le sacré est un phénomène de culture. Il est de l’homme, en soi, comme l’est, du reste, le fait religieux. Pas de société sans culture, cela va de soi, partant, pas de culture sans religion puisque, l’on peut ici se rallier sans arrière-pensée à Lévi-Strauss, la culture est ce que l’homme ajoute à la nature ou plutôt, la façon dont il organise et interprète les données de la nature. Adorer, prier, offrir, sacrifier, rendre grâce, commémorer peuvent se traduire de toutes sortes de façons selon les époques et les lieux (et même, parfois, selon les époques en un même lieu), il reste que le fait même d’adorer, prier, offrir, sacrifier, rendre grâce, commémorer est intangible, immuable. Et qu’il n’est pas difficile de retrouver, derrière des attitudes, des gestes bien situés et datés, un foyer de convergence identique qui s’appelle sacer, ou hagios, ou qadosh, ou fas, ou heilig, etc… Disons que ce sont les habitudes, les mentalités, les modes de conceptualisation qui diffèrent. Non leur objet, qu’il nous reste maintenant à envisager de plus près.

* * *

Anthropologie du Sacré: 2,1 —>

happy   dans   Anthropos    Lundi 22 Novembre 2004, 22:53





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